le capitalisme environnemental

Encore un bel exemple de ce qu’écologie et économie de marché peuvent donner. Et ce n’est que le début. Ca sent le festival environnemental pour le XXIème siècle. Ce pourrait être un beau sujet de film comique « festivités radioactives et euphorie boursières », « catapulte à bénéfices et réchauffement climatique ». Allez-y, lâchez-vous …
Un article du Monde du 22 février 2007, « Près de la moitié des barrages hydrauliques d'EDF serait vétuste », nous apprend, comme son titre l’indique, que les barrages français sont « vétustes », apparemment plus que ce qu’ils devraient l’être. Certains feraient peser un réel danger sur l’environnement, environ une centaine sur les 450 que compte notre pays.
En parallèle, EDF annonce des bénéfices « record » avec 5,6 milliards d’euros net de bénéfices en 2006, en hausse de 73,5% pour un chiffre d’affaire de 58,9 milliards. Et, on apprend que les travaux nécessaires de rénovation des barrages coûtent 500 millions sur 5 ans. MAIS ON SE FOUT DE LA GUEULE DE QUI ?
On chipote pour un plan de 500 millions sur 5 ans alors qu’il suffit de faire un chèque immédiatement pour greffer, oh malheur, les bénéfices de 10%. Mais ils vont où ces put… de bénéfices ?? Il sert à quoi le capitalisme aveugle qui dégage des bénéfices scandaleux maintenant pour dézinguer l’entreprise à terme et en passant, l’écologie.
Pourquoi ne pas faire une règle suivante : si les règles environnementales ne sont pas respectées à 100%, confiscation de l’intégralité des bénéfices de l’entreprise à des fins d’investissement dans les infrastructures. Ou confiscation du salaire des dirigeants. En gros, si la direction et l’entreprise n’a pas été capable de le faire de leur libre arbitre, comme des grandes, elles le feront sous la contrainte. Mais actuellement, où est la contrainte ?
Je cite quand même le discours officiel : "Un contrôle systématique des ouvrages et des opérations d'entretien sont menés régulièrement", rappelle l'entreprise, qui admet cependant que ses "installations sont davantage sollicitées que par le passé, en particulier pour faire face aux pics de consommation". Très claaasse.
Dans un système public, la contrainte d’un point de vue des résultats financiers est moindre. C’est bien pour cette raison que les partisans de la privatisation râlent : en privatisant, on améliore l’efficacité. Mais quelle efficacité ? Economique, c’est certain. Environnementale, certainement pas.
Comment peut-on accepter qu’une entreprise dégage des bénéfices conséquents et qu’en parallèle, elle ne fasse pas les investissements nécessaires pour assurer la sécurité de ses installations ?