Les scientifiques sauveront-ils la planète et la présidentielle 2007 ?

Cette semaine, 500 spécialistes de l’environnement, à savoir ceux du «Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat» seront réunis à Paris pour discuter. On nous promet un rapport-référence qui devrait nous dire si oui ou non nos petits-enfants pourront un jour faire du ski.
L’évolution inquiétante du climat n’inquiète donc pas que M Hulot. Espérons qu’elle inquiétera également les candidats à la présidentielle 2007. Si l’on en croit Les Echos du lundi 29 janvier 2007, la température a augmenté 0,6° en un siècle et il semblerait fortement que les émissions de CO2 en soient la cause principale (résumé rapide). Si rien n’est fait, ça devrait être bien pire le siècle suivant.
S’il y a bien un sujet commun à tous, c’est l’écologie. Les solutions ne pourront donc être que globale. Aucun pays ne sera disposé à faire de véritable effort si son voisin n’en fait pas également. Sachant que deux plus gros « pollueurs » en termes de CO2 sont la Chine et les Etats-Unis, il serait salutaire que ces deux pays fassent un effort conséquent, visible et sans appel. Tout le monde (surtout les financiers) est en extase devant les 10% de croissance de la Chine (pour les années où elle n’est pas en forme), mais il est évident que la contrepartie de cette croissance débridée, grâce à de petites zones de capitalistes dans un géant officiellement communiste, est que le pays ne tient aucunement compte des libertés politiques, de l’accroissement des inégalités. Et de l’environnement. Après l’ancien empire soviétique qui fut disposé à sacrifier beaucoup de choses pour la grandeur du socialisme (notamment l’écologie), il semblerait que la Chine ne soit pas mal dans son genre, pour la grandeur de …. (complétez, c’est à vous de voir). En gros, il faut que tout le monde soit disposé à mettre quelques bâtons dans les roues de son économie, pour laisser une petite place aux considérations écologiques. Chine y compris. Genre 2% de rentabilité des investissements en moins, mais 20% de rejets de CO2 en moins, parce que l’on n’a pas fait n’importe quoi d’un point de vue écologique.
La France a son rôle à jouer : une réduction de l’émission de CO2 impliquera nécessairement une modification de notre vie quotidienne et un comportement nouveau vis-à-vis de notre consommation d’énergie. C’est là où la politique a son boulot à faire en local, en expliquant le problème aux gens, en proposant des solutions, en respectant ses engagements, notamment quand on a déjà signé le pacte écologique de M Hulot. C’est l’étape 1, à savoir prendre des mesures « écologiques » dans son pays.
Mais la France doit également avoir un rôle dans l’établissement de règles internationales. L’Europe également, l’ONU. Bref, toutes les entités qui ont un poids dans les prises de décisions internationales. Notre poids diplomatiques n’est certes pas énorme à l’échelle de la planète. Mais un(e) président(e) convaincu(e) fait forcément quelques émules. Et nous risquons d’en avoir rapidement besoin, d’émules écologiques.